Création de la coopérative

C’est décidé: la malterie prendra la forme d’une coopérative qui appartiendra à ses membres!

Les porteurs du projet ont rencontré les principaux intéressés au projet lors d’une séance d’informations à Courtemelon le 24 janvier dernier.

Cette rencontre avait deux objectifs principaux :

  • Remerciements et informations sur l’état d’avancement et la suite des opérations à toutes les personnes qui ont soutenu le projet jusqu’à maintenant.
  • Confrontation des idées avec les potentiels futurs membres de la société coopérative, informations et réponses aux questions, et prise de température du marché potentiel.

Avec plus de 60 personnes présentes, dont 50 se disant intéressées, cette soirée est considérée comme un succès. Cela dit, le présent compte-rendu a l’ambition d’informer les personnes qui n’ont pas pu être présentes et qui s’intéressaient aussi à devenir fondateurs de la filière du malt.

Etat du projet

L’idée de base du projet est de relier les brasseurs régionaux aux agriculteurs locaux par la mise en place du maillon manquant de la filière brassicole régionale : une malterie. En effet, on observe d’une part un engouement énorme pour la bière artisanale et plus généralement pour les produits locaux, et d’autre part que les agriculteurs produisent traditionnellement des céréales de variétés brassicoles à des fins fourragères.

Suite à la rencontre entre la brasserie Blanche Pierre et la Société coopérative des sélectionneurs jurassiens, un groupe de travail composé de dix personnes représentant tous les échelons de la filière brassicole se met en place début 2016 et travaille sur ce projet. Ce groupe de travail a été présenté à cette soirée. Depuis, les porteurs du projet se sont fait la main avec un système de production miniature qui leur a permis de malter plus de 3 tonnes d’orge en 45 lots de 70 kg, ce qui a permis le brassage de 120 hl de bière dans les différentes brasseries qui ont déjà joué le jeu du 100% local (Blanche Pierre à Delémont, BLZ Company à Bienne, Tonnebière à St-Ursanne, Black Pig à Courroux, Le Chevrier à Vermes, La Cantine à Delémont, et quelques autres brasseurs amateurs).

En plus de l’expérience accumulée durant ces 45 lots de production, les malteurs ont été formés (stage dans une malterie d’Ardèche, formation à l’Institut française de Brasserie et Malterie, et formation autodidacte) et un premier suivi de qualité a été mis en place. Des collaborations avec le monde académique (Ecole supérieure d’agriculture d’Angers et Haute école d’ingénierie de Fribourg) ont été initiées dans le but de mettre en place un suivi de qualité complet, avec méthode d’analyse et compréhension des différents facteurs d’influence. Ces enseignements ont été précieux lors de la conception du futur système de production.

En parallèle des tests de production, le groupe de travail a planché sur la forme adéquate à la mise en place d’une malterie, qui tendrait le plus naturellement à représenter les intérêts des différents acteurs de la filière : multiplicateurs de semences, agriculteurs, malteurs, brasseurs et consommateurs. Après mûres réflexions, ils arrivent à la conclusion que la forme juridique de la coopérative offre le grand avantage d’impliquer directement tous ses membres dans la bonne route de leur entreprise. Ils se sont donc attelé à la création des statuts de cette future coopérative, en précisant que le conseil d’administration sera composé d’un nombre égal de brasseurs et d’agriculteurs, de manière à équilibrer la représentation des intérêts de chacun.

Objectifs visés

Les objectifs qualitatifs du projet ont été présentés:

  1. Production de malt de qualité
  2. Différentiation pour les brasseurs membres
  3. Valorisation du travail de production des céréales brassicoles
  4. Entreprise rentable et soucieuse des problématiques actuelles.

Ces différents objectifs ne peuvent être atteints que si l’entreprise est rentable. L’objectif de production a donc été fixé d’après le compromis suivant : la quantité produite doit être suffisante pour couvrir les frais minimaux (salaires, location, remboursement des emprunts) et permettre un prix de vente du malt raisonnable, en visant une part de marché réaliste et en offrant un prix d’achat des céréales correct. Ces réflexions ont abouti à un premier objectif de production de 100 tonnes de malt par année. Pour arriver à cette capacité de production, un investissement matériel de 100’000 CHF a été estimé.

Une solution de plan de financement pour le lancement de la malterie (trois premières années) a été présentée par les porteurs du projet, en prenant en compte les hypothèses suivantes : les ressources humaines nécessaires coûteront environs 90’000 CHF, le prix maximal de vente est de 4 CHF/kg pour le malt biologique et de 3 CHF/kg pour le malt conventionnel. Le prix minimal d’achat des céréales s’élève à la somme du prix indicatif de la céréale en question (essentiellement l’orge, mais aussi le blé, l’épeautre et d’autres céréales, selon les demandes) et d’un supplément couvrant au minimum les frais supplémentaires inhérents au respect d’un certain cahier des charges de qualité des céréales à la réception.

Les hypothèses de succès de l’entreprise durant sa phase de lancement sont alors les suivantes :

  1. Souscription d’au moins 50 parts sociales.
  2. Ventes de malt, à raison de 2.4 tonnes par mois au début, en progression constante jusqu’à 7.5 tonnes par mois au bout de trois ans. Si cette quantité reste constante par la suite, l’entreprise est rentable.

Les porteurs du projet ont donc proposé aux potentiels intéressés de faire partie de l’aventure en souscrivant au minimum une part sociale de 1’000 CHF et par là même de devenir propriétaires de la malterie, et pour les brasseurs, en s’engageant à consommer une certaine quantité de malt dans une déclaration d’intention. Les avantages à faire partie de la coopérative ont été présentés, pour chaque type de membre :

  • Pour les brasseurs, l’avantage principal est un accès au malt local. Les brasseurs membres auront bien entendu la priorité sur le reste de la clientèle. En plus des dividendes, ils bénéficieront aussi d’un prix préférentiel par rapport aux autres clients. Ils pourront aussi développer leur propre type de malt en fonction de leurs attentes, ce qui leur permettra de se différencier encore plus de leur concurrence.
  • Pour les agriculteurs, l’avantage principal est l’accès au marché des céréales brassicoles, protégé par l’exclusivité d’achat donnée aux membres. En plus des dividendes, ils bénéficieront aussi d’un supplément sur le prix indicatif.
  • Pour les autres intéressés, l’avantage principal est l’implication dans les décisions de la filière brassicoles. En plus des dividendes, ils pourront participer activement aux décisions stratégique de l’entreprise.

Prochaines étapes

24 février:        Délai de réponse des déclarations d’intention pour les potentiels futurs membres

Mars 2018 :     Prise de décision de la création de la coopérative avec la question essentielle: sommes-nous suffisamment nombreux ?